Saint-Laurent-sur-Gorre porte le nom d'un des saints les plus vénérés de l'Église romaine : le diacre Laurent martyrisé à Rome en 258. Créée à l'époque mérovingienne, la paroisse a implanté son église près d'un gué sur la Gorre, stratégique depuis la Préhistoire, au croisement de la Route du sel et de la Route des métaux.

Le bocage vallonné aux vallées encaissées, qui forme le territoire de la commune, est sillonné de " chemins de crêtes " offrant de multiples points de vue sur l'horizon. L'un de ces chemins passe devant le Dolmen de "La Côte" (classé monument historique en 1887), seul survivant des mégalithes néolithiques qui hérissaient la campagne laurentaise jusqu'au XVIIIème siècle.

L'église mi-romane, mi-gothique en granit blond, qui a succédé à l'église en bois des premiers temps, a été construite en plusieurs étapes entre le XIIème et le XVème siècle. Classée aussi monument historique, elle donne à voir, outre son élégant clocher gothique coiffé d'essentes de châtaignier, son portail, ses modillons, son cadran solaire, sa "pierre des morts" (qui est une très belle pierre tombale du XIIème siècle) et, à l'intérieur, sa cuve baptismale romane, quatre statues en bois polychrome du XVIIème siècle : La Vierge à l'Enfant, Saint Jean-Baptiste, Saint Laurent et Saint Roch, sa chaire à prêcher en chêne sculpté, son retable et son maître-autel en bois sculpté, peint et doré et de belles bannières processionnelles brodées.

Témoin de l'histoire mouvementée de la seigneurie, le château des Bermondet a, heureusement, gardé sa façade méridionale de maison-forte médiévale, flanquée de ses deux bretèches défensives.

Entre église et château, le bourg a préservé, lui aussi, des traces de son histoire passée : ruelles étroites, maisons de maîtres du XVIIe siècle, anciens relais de diligences... La Gorre, qui le traverse, longe l'ancien " grand pré du château " devenu un ravissant jardin (le Jardin de Liliane) puis, en aval, la motte castrale du premier château féodal.